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MODE OPERATOIRE
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Plumes de calligraphie en acier et porte-plumes
Dans beaucoup de tiroir dorment d'élégants kits de calligraphie, séduisants à première vue mais qui, dès la première utilisation, n'ont pas fonctionné au grand dépit de leur propriétaire.
Rentrer dans le monde de la calligraphie traditionnelle requiert de respecter quelques règles de bon sens dans le choix et l'entretien de son matériel, et une petite dose de patience.
Si tout cela ne vous inspire pas, peut-être êtes-vous tout simplement fait(e) pour acquérir un stylo de calligraphie à cartouche, moins contraignant dans sa mise en oeuvre.
LES PLUMES
Hormis quelques rares plumes plaquées or ou nickelées, la très grande majorité des plumes de calligraphie est réalisée en acier et est donc susceptibles de ROUILLER !
En sortie de fabrication, les plumes neuves barbotent donc dans un vernis gras avant d'être conditionnées. Ce vernis dépose une couche protectrice contre l'oxydation.
Mais les encres de calligraphie sont à base aqueuse. Et l'eau n'adhère pas sur une surface grasse.
Il convient donc de dégraisser une plume neuve avant sa première utilisation.
Si la plume possède un réservoir démontable (plumes BRAUSE 'Bandzug' ou HIRO 'Tape'par exemple), vous avez intérêt à l'enlever pour le nettoyage. Les réservoirs des plumes SPEEDBALL ne sont pas démontables
Chaque calligraphe a sa technique 'brevetée' pour dégraisser la plume. Une technique courante consiste à passer la flamme d'un briquet pendant deux ou trois secondes sur le métal pour en brûler le film gras.
Ne chauffez surtout pas jusqu'au rouge : vous modifieriez l'élasticité du métal.
D'autres ont recours plus prosaïquement à une vieille brosse à dent souple avec du liquide vaisselle. Certains liquides vaisselle contiennent un adoucissant pour les mains qui peut empêcher un dégraissage complet. Autres produits utilisés avec la brosse à dent : solution de bicarbonate de soude, dentifrice (!),solution de lessive Saint Marc (ou de cristaux de soude)....et même ammoniaque.
Il existe aussi des solvants nettoyeurs en peinture, en général assez 'toxiques' d'utilisation, qui assurent un nettoyage efficace.
Pour ceux qui ont la chance de disposer d'un bassin de nettoyage à ultra-sons, la tâche est bien sûr nettement simplifiée.
Comment voir si le métal est dégraissé. Trempez le bout de la plume dans l'encre. Si celle-ci couvre le métal, c'est bon, si l'encre perle, c'est raté et il faut changer de technique !
Une fois votre plume nettoyée et soigneusement rincée, elle est potentiellement candidate pour rouiller. Vous devez donc, en dehors de son utilisation, la ranger parfaitement sèche dans un endroit non humide.
Une trace de rouille légère peut s'enlever, soit à sec avec un stylo à fibres de verre (en papeteries - il est utilisé pour gratter les calques - ou magasins de modélisme) soit à l'eau avec du papier carrossier à l'eau grain 1000.
Quand vous remontez un réservoir amovible sur sa plume :
- vérifiez qu'il est positionné à la bonne distance (les plumes BRAUSE possèdent un épaulement où se cale le réservoir - voir photo 1 et 2). Ultérieurement, si l'alimentation en encre n'est pas régulière, le fait d'avancer très légèrement le réservoir peut avoir une influence et améliorer les choses.
- vérifiez qu'il est bien dans l'axe de la plume
- Vérifiez que sa pointe touche simplement la plume et n'est pas déformée (photo 3).
Tout spécialement pour les plumes pointues (plumes de scripte, d'anglaise, de dessin - photo 4) qui travaillent en plein et délié, vérifiez l'alignement des becs. Un bec très légèrement plus haut que l'autre fausse la plume qui gratte et empêche une arrivée régulière de l'encre. Idem pour un bec replié ou une pointe déformée par une chute.
Les tout petits défauts peuvent se reprendre. Sinon, mieux vaut changer de plume.
Si une plume gratte légèrement, vous pouvez adoucir et retoucher sa pointe ou son biseau, soit sur du papier carrossier grain extra fin 1000 avec de l'eau ou de l'encre, soit selon d'autres auteurs, sur une pierre à aiguiser d'Arkansas 'soft' blanche, toujours avec de l'eau.
LE PORTE-PLUME
Le choix du porte-plume est une affaire très personnelle qui intègre des considérations esthétiques parfois subjectives et des considérations liées à son rôle d'outil : poids, matière, longueur, diamètre, centre de gravité, mode de fixation de la plume.
Nous n'allons pas émettre de conseil : le bon porte-plume est celui avec lequel vous vous sentez à l'aise...Et vu le prix relativement réduit de l'acquisition, vous pouvez vous permettre de posséder quelques modèles différents.
Il existe plusieurs système de fixation de la plume sur le porte plume :
- le plus courant, de loin, consiste en une douille de fixation métallique équipées de 4 lames-griffes qui font office de ressort.
La plume est à glisser toujours entre l'une de ces quatre griffes et la paroi de la douille, jamais au milieu entre les quatre griffes, où elle ne serait pas fermement maintenue. (photo 5)
La douille de fixation n'est pas en inox : elle peut, elle aussi, rouiller. Donc, un éventuel nettoyage de la plume à l'eau ne doit se faire qu'une fois celle-ci enlevée du porte-plume.
Sur les porte-plumes en bois, il peut arriver après un certain temps que la douille prenne du jeu et sorte du manche en bois : vous pouvez soit 'ouvrir' légèrement la douille en faisant pression sur la fente longitudinale, soit mettre un point de colle.(photo 6)
- Le second système consiste en une découpe circulaire ou semi-circulaire dans la section inférieure du porte-plume (porte-plume 'Speedball' 9453 et 9455 par exemple ou Brause '2 entrées' 1616B). Ici, le montage va de soi et il suffit de pousser la plume en butée.
- Il existe quelques autres systèmes minoritaires, soit munis d'un levier articulé qui bloque la plume, soit équipés d'une demi-douille à bords rabattus (porte-plume 'écolier' 22499T), soit d'une douille simple plus étroite pour plumes de dessin (porte-plume 1003B)
LA PRESSION A L'ECRITURE
Les aciers rentrant dans la composition des plumes subissent des traitements qui les rendent plus ou moins rigides. D'autre part, la forme et la découpe des plumes les rendent également mécaniquement plus ou moins souples.
Nous essayons dans la mesure du possible de vous indiquer la dureté de chaque plume.
La pression à exercer et, indirectement, l'écoulement de l'encre, va donc varier significativement d'un modèle de plume à l'autre. Notez vos expériences et vous saurez assez vite si vous préférez travailler avec une plume plutôt souple ou plutôt dure.
ENCRES ET PAPIERS
La fluidité de l'encre va influencer le débit de la plume et vous constaterez assez vite que certaines plumes sont plus performantes avec tel type d'encre plutôt qu'avec tel autre.
Les encres à colorant, qui sont aussi utilisables en stylo-plumes, sont les plus fluides.
Les encres dites de calligraphie (gouaches liquides) et les encres dites 'de Chine' sont plus consistantes. L'ajout de gomme arabique peut modifier la fluidité de l'encre.
Faites vos premiers pas sur des papiers vélin qui offrent une surface parfaitement lisse, sur laquelle votre plume ne risque pas d'accrocher ou de dévier.
Avec l'expérience, vous pourrez vous attaquer à des papiers vergés, voire à des papiers plus typés (parchemin végétal, papiers à fibres, etc...).
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