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MODE OPERATOIRE
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La cire à cacheter
La composition de la cire à cacheter à évolué à travers le temps et il n'est pas très aisé d'en connaître les compositions exactes tant les recettes semblent avoir été variées.
Si dans les temps très anciens, on semblait utiliser de la cire d'abeille malléable, éventuellement teintée par divers procédés, à l'âge classique, c'est définitivement le colophone (ou colophane), alors un des sous-produits de la combustion du bois de pin, appelé aussi 'poix grecque' ou 'poix d'Espagne' et l'essence de térébenthine, toujours issue du pin, qui constituent l'essentiel de la matière première. Le colophone apporte la rigidité à la cire, et sa friabilité. Jusque dans les années soixante, c'est le gemmage des forêts de pin des landes qui fournissait une part importante de la matière première.
La gomme laque, laque rouge qui est produite par la femelle de la cochenille pondant sur des arbres de la famille des ficus, est également utilisée et est peut être à l'origine de la prépondérance des cires à cacheter rouge.
Il existait un code des couleurs dans les cachets à la cire : la cire rouge était destinée à tous les documents privés, la cire jaune aux actes administratifs et la cire verte aux actes à valeur perpétuelle (traités).
La mise en couleur des cires s'est longtemps faites à l'aide d'oxydes de métaux, connus depuis l'antiquité, et dont certains feraient pousser aujourd'hui des hurlements aux autorités sanitaires : l'oxyde de plomb servait communément à teinter en rouge (le fameux 'minium') . Le cinabre (sulfure de mercure) servait aussi à teinter en rouge.
La teinte jaune était obtenue à base également d'un oxyde de plomb (appelé 'massicot') ou d'ambre pulvérisé, ou plus tard de gomme-gutte ('jaune du Cambodge').
La teinte verte était fournie par le vert-de-gris (oxyde de cuivre'), la teinte noire par du noir de suie ou du 'noir de lies de vin brûlées' !
Aujourd'hui, nous trouvons encore sur le marché de la cire à cacheter Herbin traditionnelle (310 et 311) à base de colophane et de térébenthine dans une assez large variété de coloris.
C'est une cire généralement brillante, qui se travaille à la flamme sur un brûleur (voir notre référence 72602) ou chauffée à la cuillère.
L'utilisation de machines de tri automatique du courrier à la Poste ayant tendance à casser les cachets faits à la cire traditionnelle, les fabricants ont sorti une nouvelle génération de cire, à base de polymères thermoplastiques et de divers additifs. Ces cires, meilleur marché, fournies en bâtons cylindriques, ont une excellente adhérence sur le papier (elles sont pratiquement impossibles à arracher) et restent souples en permanence (elles ne cassent pas).Elles peuvent certes s'appliquer traditionnellement à la flamme, mais ont été d'abord conçues pour un usage avec un pistolet chauffant très similaire au pistolet à colle. Bien entendu, il n'y a pas de standardisation en la matière et chaque fabricant s'empresse de proposer SON pistolet qui correspond à SA cire...
La technique du pistolet à colle manque certes de poésie, ne permet pas de 'fioritures' élégantes (faire un cachet avec deux couleurs de cire par exemple), mais elle est rapide et constitue un atout indéniable pour ceux qui désirent réaliser des cachets en série, pour envoyer des faire-part par exemple.
Elle permet aussi, pour des enfants, sous la surveillance d'un adulte, une approche simple et moins dangereuse de la technique qu'avec un brûleur à flamme.
Appliquer la cire à cacheter traditionnelle en chauffant directement le bâton, soit à la flamme d'un briquet, soit à celle d'une bougie, est une hérésie. Le briquet vous immobilise une main et vous expose à des brûlures par chute de gouttes de cire. La bougie en général ne chauffe pas assez, fume, et par conséquent noircit désagréablement la cire.
Deux méthodes sont possibles :
- le brûleur à mèche de coton fonctionnant à l'alcool à brûler. Il fait une flamme chaude et qui ne noircit pas. C'est la solution qui permet le travail le plus précis et le plus sophistiqué. Voyez son mode opératoire avec la fiche de l'article 72602.
- La cuillère à café - sacrifiée pour cet usage - dans laquelle on place environ 1 cm de bâton de cire et que l'on chauffe avant de verser la cire fondue à l'endroit voulu.
La caractéristique d'une bonne cire à cacheter, c'est d'adhérer fortement au support, le support papier bien sûr, mais cela peut être aussi...le sceau en métal que vous pressez dans la cire chaude.
Comment éviter que la cire ne colle au sceau en métal ?
Il faut déposer sur le métal un 'film' intermédiaire qui restera dans la cire et permettra de dégager son sceau en métal sans aucun problème.
Le film le plus simple, c'est l'huile. N'importe quelle huile fluide. Vous passez un chiffon gras sur le sceau avant de tamponner.
Le film peut être aussi de l'encre : de l'encre dorée (voyez en particulier le tampon encreur doré 410-04T fabriqué par Herbin spécialement à cet usage), ou tout autre type d'encre à base aqueuse (telles les encres pour tampons décoratifs) à condition de dégraisser le métal du sceau préalablement.
Le film peut même être simplement de la buée soufflée par votre haleine. Encore faut-il que la différence de température soit suffisante pour créer une condensation sur le métal.
En règle générale, plus le métal du sceau sera froid, plus nette sera l'empreinte dans la cire, et plus aisé et rapide sera son dégagement.
Il n'y a donc aucune stupidité à faire séjourner quelques minutes son sceau au congélateur avant de réaliser le cachet, ou, si vous travaillez en série, à reposer après chaque utilisation le sceau sur un glaçon. C'est même une nécessité pour travailler vite en série. Autrement la pastille de métal du sceau monte en température au contact de la cire chaude et les temps de refroidissement, donc de prise, s'allongent exagérément.
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